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Prières pour la France

14 novembre 2015

Après de longues hésitations, je décide de sortir ma plume un instant,  n’en déplaise à certains. Il est 2h du matin et je ne trouve pas le sommeil. Un mélange d’effroi, de frustration et de colère me hante depuis le début de ces événements, à l’instar de tous les français.

Je passe les informations en boucle sur tous les sites de presse, français, anglais ou américain. Une manière de me sentir plus proche de mon pays, une façon d’oublier que je suis loin de la France, de mes proches. Cette nuit, le mal du pays me prend à la gorge et je n’ai qu’une envie : rentrer chez moi auprès de ma famille. 

Je ferme les yeux un instant et je me souviens. Je me souviens de mon enfance, de ce sentiment de liberté et d’insouciance. Mon petit cœur d’enfant était léger dans ma poitrine, à peine perceptible. Un grand sourire illuminait mon visage, j’éclatais de rire pour un oui ou pour un non, ce qui avait le don d’embarrasser les adultes qui m’entouraient.

Je me souviens de ces innombrables récréations dans la cour, des éclats de rire enfantins qui envahissaient la cour de récréation et des jeux en tout genre qui s’étalaient sur le bitume. Je me souviens de ces longs après-midis d’été passés sur mon vélo, à pédaler toujours plus fort, toujours plus vite.

Et puis un jour, tu es arrivé

Je rentrais de l’école, c’était une journée comme une autre. Tu as fait éclater ces deux tours devant mes yeux d’enfants et je n’ai pas compris. Du haut de mes sept ans, je voyais ces gens sauter par la fenêtre, je me disais que tu n’avais peut-être pas fait exprès, que tes avions étaient simplement devenus incontrôlables et que tes hommes n’avaient rien pu faire pour éviter ces tours. C’est vrai, il faudrait être fou pour commettre un tel acte ! J’ai regardé mes parents, j’ai lu l’angoisse sur leur visage et pour la première fois de ma vie, j’ai eu peur.

Les jours, les semaines puis les années passèrent. La vie continuait, nous t’avions presque oublié mais nous pouvions toujours te sentir telle une ombre, palpable, menaçante. Bien caché, tu attendais le bon moment, tu attendais que nous soyons affaiblis, vulnérables. Bien sûr, dans d’autres pays – non occidentaux – tu étais bien présent, déterminé à prendre le pouvoir et pour cela tu n’hésitais pas à tuer des innocents.

L’année de mes dix-huit ans, tu es arrivé chez moi, en France. Tu es allé dans une école et tu as tué tous ceux qui étaient sur ton chemin, enfants ou adultes, cela t’importait peu car ils étaient des ennemis que tu disais, des mécréants. Au fil des années, tu as grandis, tu es devenu plus menaçant, plus puissant. Nous pouvions te sentir, nous pouvions te deviner au milieu de la foule, des rires et des éclats de voix.

Un certain 7 janvier 2015, tu as décidé qu’il était temps que la France – et avec elle le monde entier – découvre ton vrai visage. Alors tu es allé t’attaquer à un symbole, une valeur fondamentale de la société occidentale que tu hais tant : la liberté. Tu as tenté d’abattre Charlie qui était si menaçant avec son crayon et son papier carbone. Tu as voulu instaurer la terreur dans notre pays, mais elle s’est transformée en  solidarité, unissant le peuple autour d’une même voix. En colère le 13 novembre 2015, tu as décidé d’attaquer le peuple, celui-là même qui te provoque sans cesse avec ses concerts, ses moments de bonheur partagé sur des terrasses de restaurant. Celui-là qui te provoque avec ses belles jeunes filles, souriantes, intelligentes, qui ont leur mot à dire dans une société où la liberté et l’égalité sont acquises. Celui-là qui décide de te défier sur les réseaux sociaux à coup de partages, de photos et de commentaires.

Ah maudite soit Paris, la capitale des « abominations et de la perversité » comme tu aimes à le dire. Quelle perversité d’oser se rassembler au nom de la musique, au nom du sport,  au nom de la culture.  Quelle abomination d’oser se détendre autour d’un bon verre entre amis.  Ah maudite soit la France qui ose riposter contre tes attaques. Pour toutes ces « provocations », tu as décidé d’ôter la vie de 129 innocents et d’en blesser, plus ou moins sévèrement, 352.

Alors à toi, Terrorisme, je veux te dire que je n’ai pas peur. Toi, Terrorisme, sache que je continuerai à rire, à chanter et à aimer la vie. Je continuerai à profiter de ma liberté, j’irai boire des verres avec mes amis sur les terrasses des cafés, j’irai voir des concerts. Je danserai jusqu’à ne plus sentir mes jambes, transpirante et libre. Sache Terrorisme que tu ne m’enlèveras pas ma liberté et ma joie de vivre au nom d’idéologies moyenâgeuses.

 

Je suis fière d’être française, vive la France !

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2 Comments

  • Reply Valentin 21 novembre 2015 at 10 h 29 min

    Bravo Cyrielle pour ce texte, gros bisous papa

    • Reply Cyrielle 21 novembre 2015 at 16 h 57 min

      Merci papa, contente que ça te plaise! Bisous

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